Balzac La Comédie Humaine Analyse de texte Etude de l'œuvre 100 analyses de texte de la Comédie Humaine de Balzac Description détaillée des personnages Classement par 7 types de scènes 26 tomes étudiés en détail

Béatrix III

LA COMEDIE HUMAINE – Honoré de Balzac

L’édition des œuvres complètes de H. DE BALZAC par Veuve André HOUSSIAUX, éditeur, Hébert et Cie, Successeurs, 7, rue Perronet, 7 – Paris, ne comportent à cette époque, que 2 parties pour ce roman: Béatrix et Béatrix (2ème partie) que l’on peut retrouver dans cette collection de 1877 sous les volumes III et IV.

Œuvres contenues dans les scènes de la vie privée
La Maison du chat-qui-pelote . Le Bal de Sceaux . Mémoires de deux jeunes mariées . La Bourse . Modeste Mignon . Un début dans la vie . Albert Savarus . La Vendetta . Une double famille . La Paix du ménage . Madame FirmianiEtude de Femme . La Fausse maîtresse .Une Fille d’Eve . Le Message . La Grenadière . La Femme abandonnée . Honorine . Béatrix . Gobseck . La Femme de trente ans . Le Père Goriot . Le colonel Chabert . La Messe de l’athée . L’Interdiction . Le Contrat de mariage . La Grande Bretèche (Autre étude de femme) . L’Illustre Gaudissart . Le Message .

Scènes de la vie privée

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         Béatrix et Camille

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    Calyste retrouve Béatrix

 

 BEATRIX (3ème partie)

 

Préface et histoire

Un adultère rétrospectif est un roman que Balzac écrivit en 1845 pour donner une suite à un long roman en deux parties Béatrix, qu’il avait publié deux ans plus tôt. Cette suite avait été promise. Mais depuis quelques années, les romans de Balzac étaient devenus des fresques si vastes que Balzac avait pris l’habitude de présenter les plus importants d’entre eux comme des ensembles de romans qui se suivent et dont la publication s’échelonne sur plusieurs années. Ce fut le cas d’Illusions perdues dont la publication fut étendue sur sept ans. de Splendeurs et misères des courtisanes qui exigea huit ans. Béatrix est l’un de ces ensembles, moins complexe que les deux précédents.

Les lecteurs de Béatrix connaissaient déjà la situation des personnages, rappelée au début de cette suite. On vient de célébrer le mariage de Calyste du Guénic, jeune héritier d’une vieille famille bretonne avec Sabine de Grandlieu. C’est un sauvetage. Calyste, vingt-quatre ans, une beauté d’ange, une ferveur bretonne, a failli se suicider après un grand amour malheureux pour la comtesse Béatrix de Rochefide. Sabine le sait.

1er acteLa lune de miel, c’est le titre que porta d’abord le roman. On connaît les événements par les lettres de Sabine à sa mère, la duchesse de Grandlieu. C’est une très jolie phase du roman. Sabine adore son mari, elle adore la Bretagne où les paysans reçoivent le jeune couple visitant ses terres comme si l’on était encore au temps de François 1er. Mais elle est trop amoureuse pour être coquette, trop jeune pour déjouer les pièges, trop douce pour ne pas être esclave. Elle sent tout cela. Elle sent que c’est elle qui aime et que son beau Calyste se laisse aimer. Deux ans se passent : elle a un enfant, il vivent à Paris.

2ème acte : Un adultère rétrospectif. Calyste retrouve Béatrix par hasard dans une loge des Variétés. Elle est libre, ni amour, ni mari. Elle ne fait qu’une bouchée de l’innocent Calyste, qui de plus, est aussi maladroit qu’il est beau. Calyste est ivre de son grand amour, lâche parce qu’il est amoureux, mufle parce qu’il est inconscient Tout se découvre. Sabine, qui nourrit, à une crise grave, on craint pour sa vie. La  pieuse duchesse imagine un plan pour séparer Calyste et Béatrix.

3ème acteLes petits manèges d’une femme vertueuse, qui fut d’abord un autre titre du roman qui n’a pas été maintenu. C’est la préparation et le dénouement de la conspiration, une véritable comédie de Molière, qui se passe chez ces demi-mondaines qui fournissaient à la même époque la figuration de Splendeurs et misères des courtisanes. Elle mobilise une bonne partie des jeunes “lions” de la Comédie Humaine et quelques comparses tirés des sous-sols des Scènes de la vie parisienne ou des Scènes de la vie de province. Au début, c’est une comédie de moeurs qui décrit très drôlement le profond bonheur du comte Arthur de Rochefide, débarrassé de sa femme si séduisante et jouissant d’une vie de coq en pâte dans le faux ménage qu’il s’est arrangé avec une concubine preste et grassouillette.

Le plan de la duchesse de Grandlieu est simple : Marier Madame Schontz, petite bourgeoise et maîtresse du comte Arthur de Rochefide au juge Fabien du Ronceret originaire d’Alençon et fils d’un président de chambre à la cour royale.

Convaincre le comte Arthur de Rochefide de permette à sa femme de retrouver sa fortune afin qu’on ne crût pas dans le monde qu’elle s’attaqua à Calyste. Le comte de La Palférine est rémunéré pour séduire la comtesse Béatrix de Rochefide et la soustraire à Calyste. Tout réussit selon le plan établi : Béatrix rejette Calyste pour La Palférine. On assiste à la dégradation de Calyste, à sa lâcheté et à son retour auprès de sa femme.

Cette fin de l’historie nous démontre que Balzac est pressé, et le metteur en scène de toute cette affaire ressemble un peu trop à Scapin. Mais enfin, tout s’arrange. Calyste apprend la triste décadence des grands amours d’imagination, Mme de Rochefide revient à son mari : et Sabine retrouve le sien, consolée, mais pas tout à fait aussi heureuse qu’à la fin des contes de fées.

Un adultère rétrospectif est un roman inégal, avec des parties touchantes, l’amour de Sabine, ses illusions, sa lucidité, son courage de jeune femme aimante, d’autres impitoyables comme la déchéance de Calyste et ses capitulations, une fin amusante d’abord, puis bâclée. Les conditions de la rédaction expliquent ces inégalités.

Conçu dès le début de 1844 comme une nouvelle, puis retardé, transformé en roman en raison d’un traité qui en promettait la remise pour le 15 novembre, il ne fut commencé qu’au mois de décembre pour paraître en feuilleton dans le Messager à partir du 24, date impérative à cause des réabonnements. Quelques jours avant cette date, Balzac annonçait à Mme Hanska qu’il mettrait huit jours pour l’écrire. En fait, le feuilleton dût être interrompu à plusieurs reprises et se prolongea jusqu’au 24 janvier 1845. Ce n’étaient pas d’excellentes conditions de travail.

Comme dans les deux premières parties de Béatrix, Balzac travaillait pourtant d’après nature. Dans ces deux premières parties, c’est la liaison de Liszt avec Mme d’Agoult qui lui avait fourni son sujet. Dans cette troisième partie, il s’inspira des malheurs de Delphine de Girardin, trompée par son mari après quelques mois de mariage. Il lui avait demandé des confidences. Elle fut le modèle qu’il suivit. Il en eut un autre probablement pour décrire la vie douillette d’Arthur de Rochefide auprès de sa maîtresse si potelée. On ne l’a pas retrouvé. Mais sa propre situation avec une Mme de Brugnol qui vivait chez lui et recevait comme si elle avait été la maîtresse de maison put donner à Balzac quelques idées.

La dégradation de Calyste, la lâcheté de son amour sensuel, cette transformation et cet affaissement d’un être naturellement noble forment la partie la plus énigmatique du roman. Cet avilissement, dit Julien Gracq, est un châtiment qui “sort de l’acte même du péché prolongé”. Et, il voit dans cet abaissement et cette tristesse comme un écho des punitions que Dante imaginait pour ses damnés. Cette interprétation transforme en une pensée mystique ce qui était pour Balzac le terme dramatique de l’opposition qu’il avait voulu montrer dans la première partie de Béatrix entre le côté de Guérande et le côté du siècle. La vanité et les passions profanent d’abord, puis elles détruisent. La chute de Calyste est un dénouement.

On retrouve aussi une autre morale, celle que Balzac avait énoncée deux ans plus tôt dans les Mémoires de deux jeunes mariées. Elle est ici résumée en une phrase qui est la vraie conclusion. “L’amour n’est pas le but, mais le moyen de la famille, la passion excessive est inféconde et mortelle.” C’est la vieille duchesse qui prononce cette phrase de moraliste. Elle est, à cet endroit, le porte-parole de Balzac.

1838 – 1844

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Préface, tirée du tome V. recueillie d’après le texte intégral des œuvres de la Comédie Humaine publié par France Loisirs 1985 sous la caution de la Société des Amis d’Honoré de Balzac.

Généalogie des personnages

La généalogie des personnages principaux est visible sous les parties I et II de Béatrix qui figurent dans ce site.

Néanmoins, nous indiquerons ci-après les personnages nouveaux qui apparaissent dans le volume III de ce tome V, à savoir :

Comte Rusticoli : Rusticoli de la Palférine, famille noble italienne établie en France, représentée par :

un comte qui sous Louis XV, entretint Mlle Laguerre (actrice et propriétaire des Aigues) ;

un général mort en 1809 et qui a épousé une Capponi ;

Gabriel-Jean-Anne-Victor-Benjamin-Georges-Ferdinand-Charles-Edouard Rusticoli, comte de La Palférine, né en 1812.

Maxime de Trailles : Né vers 1792 – épouse une femme dont nous avons tout lieu de penser qu’il s’agit de Cécile Beauvisage, née en 1820.

Mme Schontz : Aurélie Schontz de son vrai nom Joséphine Schiltz, est une femme entretenue, née en 1805. Elle épouse vers 1841 le magistrat Fabien du Ronceret.

Source généalogie des personnages : Félicien Marceau « Balzac et son monde » Gallimard.

  

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