Balzac La Comédie Humaine Analyse de texte Etude de l'œuvre 100 analyses de texte de la Comédie Humaine de Balzac Description détaillée des personnages Classement par 7 types de scènes 26 tomes étudiés en détail

Un Homme d’affaires

LA COMEDIE HUMAINE – Honoré de Balzac XIIe volume des œuvres complètes de H. DE BALZAC par Veuve André HOUSSIAUX, éditeur, Hébert et Cie, Successeurs, 7, rue Perronet, 7 – Paris (1877)

Scènes de la vie parisienne

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       Un homme d’affaires

  UN HOMME D’AFFAIRES  

Œuvre écrite à Paris en 1845  

Dédiée A MONSIEUR LE BARON JAMES ROTHSCHILD CONSUL GENERAL D’AUTRICHE A PARIS, BANQUIER  

Un Homme d’affaires est une nouvelle parue en 1844 aux éditions Hetzel sous le titre Les Roueries d’un créancier et republiée quelques mois plus tard dans le journal Le Siècle. Modifié à la fois par le premier éditeur, puis par l’auteur lui-même, Un Homme d’affaires s’insère en 1845 dans les Scènes de la vie parisienne de La Comédie Humaine pour l’édition Furne de 1846, avec une dédicace datée de 1845 à  » A Monsieur le baron James de Rothschild « .

Analyse de l’oeuvre Avec les nouvelles qui suivent, nous revenons à la véritable inspiration de Balzac et à d’authentiques Scènes de la vie parisienne. Mais plusieurs d’entre elles ont aussi leurs particularités, elles appartiennent à une nouvelle manière de Balzac qu’on voit naître et se développer dans les années 1840. En 1839, l’éditeur Curner avait eu l’idée d’un recueil d’esquisses amusantes des mœurs contemporaines illustrées par des graveurs à la mode. Ce recueil était intitulé Les Français peints par eux-mêmes, on le trouve encore aujourd’hui dans quelques bibliothèques familiales. Balzac fut un des collaborateurs de ce recueil. En 1842, Hetzel qui venait de s’associer avec Furne, Paulin et Dubochet pour l’édition de La Comédie Humaine, eut l’idée d’imiter Curmer, d’abord en publiant Les Animaux peints par eux-mêmes auquel Balzac collabora, puis Le Diable à Paris pour lequel Balzac donna un certain nombre d’esquisses qu’il réunit plus tard sous le titre Les Comédiens sans le savoir. L’une de ces esquisses était Les roueries d’un créancier, qui finalement ne parut pas dans Le Diable à Paris, mais dans le journal Le Siècle. Balzac la reprit presque aussitôt dans son édition de La Comédie Humaine sous le titre Esquisse d’un homme d’affaires d’après nature, qui devint plus tard Un homme d’affaires. Des diverses pochades toutes issues du même moule ne donnaient pas beaucoup de peine, n’exigeaient pas d’intrigues compliquées et permirent à Balzac d’assurer la continuité de sa production pendant les années difficiles qu’il vécut dans l’incertitude sur les intentions de Mme Hanska. Un homme d’affaires, comme l’indique son titre primitif, Les roueries d’un créancier, est une anecdote qui montre comment un créancier retors parvient à faire payer un de ses débiteurs récalcitrant. On ne sait pas d’où provient cette anecdote, qu’on avait dû raconter à Balzac. On a pensé à Vidocq dont l’agence de police privée était spécialisée dans le recouvrement des factures désespérées ou à une conversation que Balzac aurait eue quelques jours avant la rédaction de sa nouvelle au cours d’une conférence avec son avoué. Ces deux hypothèses sont intéressantes, mais dépourvues de preuves. On n’est pas plus renseigné lorsqu’on recherche parmi les relations de Balzac les personnages qu’il a mis en scène. On a avancé le nom de Victor Bohain comme modèle de Cérizet. En dépit de quelques analogies auxquelles Balzac a pu penser en effet, il n’y a guère de ressemblance entre Victor Bohain, journaliste et viveur, joyeux écervelé que le gouvernement dut renoncer à utiliser après quelques scandales féminins peu administratifs et le venimeux Cérizet, faussaire, agent double, escroc, confiné dans des entreprises mesquines et ignobles, à un tout autre étage social que le boulevardier brouillon et, comme on disait en ce temps-là, inconséquent devenu sur le tard un affairiste malchanceux.

L’histoire Mademoiselle Marguerite Turquet, ou Malaga, lorette de son état fait le bonheur de maître Cardot notaire. Lors d’un repas donné chez Mademoiselle Turquet, Cardot a réuni quelques amis parmi lesquels : Desroches l’avoué, Bixiou le caricaturiste, Lousteau le feuilletoniste, le poète et directeur du journal, Raoul Nathan, et Charles-Edouard Ruscoli le jeune comte de la Palferine. Au cours du repas, la discussion est amenée sur la stratégie que se livre à Paris créanciers et débiteurs. Maître Desroches commente qu’il a pour clients certains débiteurs expérimentés dans la chasse aux créanciers. Parmi eux, il est un homme qui, selon lui, est le plus adroit et le plus rusé pour déjouer les astuces de ses créanciers. Ce comte en gants jaunes. n’est autre que Maxime de Trailles, le dandy endetté. Parfaitement instruit des règlements de la jurisprudence commerciale, il n’a pas son pareil pour entourlouper « honnêtement » ses créanciers. Puis dans un registre moins élégant, viennent Claparon et Cérizet, deux associés véreux doués du même talent pour rouler les gens. Ce Claparon, qui n’est autre que le lampiste des banquiers du Tillet et Nucingen lors de leurs banqueroutes organisées, achève sa chute lorsqu’il s’associe pour faire des affaires frauduleuses avec l’ignoble Cérizet – cet ancien associé des imprimeries Cointet, qui précipitèrent la ruine de David Séchard (lire Illusions perdues). Picture 2 C’est à ce moment de la narration que Desroches explique le duel qui oppose le camp de Trailles à celui de Claparon-Cérizet. Spécialisés dans l’achat des créances, Cérizet et Claparon achètent quelques milliers de francs d’effets à Maxime que ce dernier rechigne à leur rembourser. A cette époque Maxime de Traille est amoureux d’une jeune courtisane, Antonia Chocardelle. Il lui fait avoir un cabinet de lecture qu’il paie de moitié avec elle. La belle Antonia ne se plait guère dans ce commerce « gagne-petit » – elle s’ennuie, elle préfèrerait avoir son appartement bien meublé et rouler voiture. Un des habitués du club de lecture, un petit bourgeois, le vieux rentier Croizeau s’en amourache. Il vient tous les jours au cabinet de lecture et sympathise avec Denisard, ancien directeur des douanes. Lorsque Denisard rompt avec sa maîtresse Hortense, Croizeau propose à Antonia le rachat des magnifiques meubles installés chez Hortense par Denisard. Maxime spécule sur l’avenir : l’occasion pour lui de vendre le cabinet de lecture ; de racheter, avec l’argent de la vente, les très beaux meubles proposés par Croizeau et installer Antonia. Il sera bien temps, lorsque sa passion pour Antonia sera passée, de la remettre aux bons soins du vieux Croizeau. Maxime part acheter les meubles suivi des commissionnaires chargés de leur transport. Au moment où il demande le reçu du mobilier acheté et ordonne l’enlèvement du mobilier, il fait face à Cérizet qui lui a joué la comédie du faux vendeur et s’est ainsi remboursé de la dette de Maxime de Trailles.

Les personnages Marguerite Turquet : Ecuyère et lorette née en 1816, plus connue sous le nom de Malaga. Cardot : Jean-Jérôme-Séverin né en 1755 est un négociant en soieries. A épousé une Husson décédée en 1816, d’où deux filles et un fils. Desroches : Né en 1796. Avoué. Bixiou : Jean-Jacques, né en 1797, caricaturiste. Son père, colonel est mort au champ-d’honneur. Son grand-père exerçait la profession d’épicier et sa grand-mère était une Descoings. Etienne Lousteau : Né en 1799, journaliste. Père des enfants de Mme de la Baudraye. Raoul Nathan : Ecrivain et journaliste. Epouse Sophie Grignoult, dite Florine, actrice née en 1805. La Palferine : Charles-Edouard Ruscoli, comte de la Palferine est issu d’une famille noble italienne établie en France. Charles Claparon : né en 1790 est un homme d’affaires sans scrupules. Cérizet : Né en 1802, Cérizet est prote, sous-préfet et usurier. Du Tillet : Né en 1793, Ferdinand est un enfant trouvé. Il devient commis, banquier et député. Il épouse en 1831 Marie-Eugénie de Granville née en 1814. Nucingen : Baron Frédéric de Nucingen, né vers 1763, banquier. Epoux de Delphine Goriot née en 1792. Leur fille Augusta épousera Eugène de Rastignac. Antonia Chocardelle : Femme entretenue. Maxime de Trailles : Comte Maxime de Trailles, né vers 1792. Certainement l’époux de Cécile Beauvisage née en 1820. Croizeau : Ancien carrossier. Denisard : Nom d’emprunt de Cérizet. Hortense : Femme entretenue.   Source analyse/histoire : Préface (tome XVI) recueillie d’après le texte intégral des œuvres de la Comédie Humaine publié par France Loisirs 1986 sous la caution de la Société des Amis d’Honoré de Balzac. Source généalogie des personnages: Félicien Marceau « Balzac et son monde – Gallimard » Source notes préambule : Encyclopédie universelle Wikipédia.

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