Balzac La Comédie Humaine Analyse de texte Etude de l'œuvre 100 analyses de texte de la Comédie Humaine de Balzac Description détaillée des personnages Classement par 7 types de scènes 26 tomes étudiés en détail

La Cousine Bette

LA COMEDIE HUMAINE – Honoré de Balzac XVIIe volume des œuvres complètes de H. DE BALZAC par Veuve André HOUSSIAUX, éditeur, Hébert et Cie, Successeurs, 7, rue Perronet, 7 – Paris (1877)

Scènes de la vie parisienne

Picture 1

     Cousine Bette et Madame Marneffe

  LA COUSINE BETTE    

Dédicacé, A DON MICHELE ANGELO CAJETANI PRINCE DE TEANO Ce n’est ni au prince romain, ni à l’héritier de l’illustre maison de Cajetani qui a fourni des papes à la Chrétienté, c’est au savant commentateur de Dante que je dédie ce petit fragment d’une longue histoire. Vous m’avez fait apercevoir la merveilleuse charpente d’idées sur laquelle le plus grand poète italien a construit son poème, le seul que les modernes puissent opposer à celui d’Homère. Jusqu’à ce que je vous eusse entendu, La Divine Comédie me semblait une immense énigme, dont le mot n’avait été trouvé par personne, et moins par les commentateurs que par qui que ce soit. Comprendre ainsi Dante, c’est être grand comme lui ; mais toutes les grandeurs vous sont familières. Un savant français se ferait une réputation, gagnerait une chaire et beaucoup de croix, à publier, en un volume dogmatique, l’improvisation par laquelle vous avez charmé l’une de ces soirées où l’on se repose d’avoir vu Rome. Vous ne savez peut-être pas que la plupart de nos professeurs vivent sur l’Allemagne, sur l’Angleterre, sur l’Orient ou sur le Nord, comme des insectes sur un arbre ; et comme l’insecte, ils en deviennent partie intégrante, empruntant leur valeur de celle du sujet. Or, l’Italie n’a pas encore été exploitée à chaire ouverte. On ne me tiendra jamais compte de ma discrétion littéraire. J’aurais pu, vous dépouillant, devenir un homme docte de la force de trois Schlegel ; tandis que je vais rester simple docteur en médecine sociale, le vétérinaire des maux incurables ne fût-ce que pour offrir un témoignage de reconnaissance à mon cicérone, et joindre votre illustre nom à ceux des Porcia, des San Severino, des Pareto, des di Negro, des Belgiojoso, qui représenteront dans La Comédie Humaine cette alliance intime et continue de l’Italie et de la France que déjà le Bandello, cet évêque, auteur de contes très drolatiques, consacrait de la même manière, au seizième siècle, dans ce magnifique recueil de nouvelles d’où sont issues plusieurs pièces de Shakespeare, quelquefois même des rôles entiers, et textuellement. Les deux esquisses que je vous dédie constituent les deux éternelles faces d’un même fait. Homo Duplex, a dit notre grand Buffon, pourquoi ne pas ajouter : Res Duplex ? Tout est double, même la vertu. Aussi Molière présente-t-il toujours les deux côtés de tout problème humain ; à son imitation, Diderot écrivit un jour : CECI N’EST PAS UN CONTE, le chef-d’œuvre de Diderot peut-être, où il offre la sublime figure de mademoiselle de Lachaux immolée par Gardanne, en regard de celle d’un parfait amant tué par sa maîtresse. Mes deux nouvelles sont donc mises en pendant, comme deux jumeaux de sexe différent. C’est une fantaisie littéraire à laquelle on peut sacrifier une fois, surtout dans un ouvrage où l’on essaie de représenter toutes les formes qui servent de vêtement à la pensée. La plupart des disputes humaines viennent de ce qu’il existe à la fois des savants et des ignorants, constitués de manière à ne jamais voir qu’un seul côté des faits ou des idées ; et chacun de prétendre que la face qu’il a vue est la seule vraie, la seule bonne. Aussi le Livre Saint a-t-il jeté cette prophétique parole : Dieu livra le monde aux discussions. J’avoue que ce seul passage de l’Ecriture devrait engager le Saint-Siège à vous donner le gouvernement des deux Chambres pour obéir à cette sentence commentée, en 1814, par l’ordonnance de Louis XVIII. Que votre esprit, que la poésie qui est en vous protègent les deux épisodes des PARENTS PAUVRES. De votre affectionné serviteur, De Balzac. Paris, août-septembre 1846.  

Analyse de l’oeuvre La Cousine Bette est avec Le Père Goriot et Le Cousin Pons un des romans les plus connus de Balzac. Mais tandis que Le Père Goriot, paru en 1834, est le point de départ de La Comédie Humaine, les deux autres, parus en 1846 et 1847, peu de temps avant la mort de Balzac, en sont comme le couronnement. Aussi leur signification n’est pas tout à fait la même. Le Père Goriot met en accusation une société tout entière qui ne pense qu’à l’argent et aux satisfactions de vanité, le roman, par cette signification, est une sorte de clef de voûte autour de laquelle s’ordonnera ensuite La Comédie Humaine : tandis que La Cousine Bette et Le Cousin Pons sont comme des efflorescences poussées sur cette tige, montrant des résultats, mais des résultats qui sont produits par des passions individuelles, et, par conséquent, porteurs d’une signification plus générale qui les rattache à la peinture des passions telle que l’ont conçue dans toutes les littératures les grands écrivains classiques. C’est ce classicisme qui donne à ces deux œuvres le rang particulier qui leur a été reconnu. Elles ont l’une et l’autre des défauts, la tentation du roman policier dans La Cousine Bette, l’exagération dans Le Cousin Pons : mais dans l’une et l’autre, la vérité et la puissance des caractères, la verve et la solidité de la peinture, le dramatique des situations entraîne le lecteur et ne laissent plus subsister que l’admiration. La Cousine Bette et Le Cousin Pons ont été présentés par Balzac dès leur publication comme des œuvres jumelles réunies sous le titre Les parents pauvres. C’est le titre Histoire des parents pauvres qui est utilisé dans le feuilleton du journal Le ConstitutionnelLa Cousine Bette parut pour la première fois : dans ce feuilleton, le titre complet est : Histoire des parents pauvres : La Cousine Bette et Les Deux Musiciens par M. de Balzac. Et c’est également sous ce titre que parut en librairie quelques mois plus tard la première édition de La Cousine Bette jumelée avec la première édition du Cousin Pons, l’ensemble en douze volumes in-8°. Le tirage était de mille exemplaires. Ce chiffre modeste tient compte, bien entendu, de la publication en feuilleton qui avait touché un large public et qui avait été suivie aussitôt après d’un tirage à part du feuilleton destiné aux abonnés du journal. Cet apparentement est d’autant plus remarquable que la rédaction des deux œuvres fut également jumelée. Balzac commença par écrire Le Cousin Pons, puis il s’interrompit, se mit à rédiger La Cousine Bette, la publia, et se remit ensuite à la rédaction du Cousin Pons qu’il acheva. Ce sont disait-il à madame Hanska, « deux œuvres capitales » et il les décrivait ainsi : « Le Vieux musicien est le parent pauvre accablé d’injures, plein de coeur. La Cousine Bette est la parente pauvre accablée d’injures, vivant dans l’intérieur de trois ou quatre familles et prenant vengeance de toutes ses douleurs. » La Cousine Bette fut rédigée avec une rapidité exceptionnelle. La lettre décrivant les deux sujets est du 16 juin 1846, une première version du Cousin Pons entre le 20 juin et la première quinzaine d’août, puis Balzac se met à écrire La Cousine Bette dont il écrit 36 feuillets en une semaine entre le 18 et le 25 août, après quoi il va rejoindre madame Hanska à Mayence, puis revient à Paris et s’occupe de l’achat de sa maison de la rue Fortunée, puis retourne en Allemagne pour assister au mariage de la fille de madame Hanska, Anna, et ne se remet au travail qu’au milieu d’octobre. La publication du feuilleton au Constitutionnel a déjà commencé. Heureusement, le feuilleton n’est pas quotidien. Balzac va donc écrire une grande partie de son roman en même temps que le journal le publie pendant la fin du mois d’octobre et le mois de novembre, à raison de 10 feuillets par jour et, précise-t-il, « currente calamo, fait la veille pour lendemain, sans épreuves ».

Picture 2

     Cousine Bette au         chevet de Wenceslas

Ces conditions de rédaction sont effrayantes. Elles rappellent les pires moments de l’histoire de La Comédie Humaine, les tours de force que Balzac dut faire pour terminer César Birotteau, la rédaction de la fin d’Illusions perdues, sur un lit de camp à l’imprimerie de Lagny avant le départ à Saint-Pétersbourg, la rédaction des dernières pages du Cabinet des Antiques. Il est vrai qu’en cet été 1846, Balzac navigue en plein ciel. Son mariage lui paraît sûr, son avenir sera brillant, tel qu’il l’avait espéré. Il écrit à sa sœur Laure cette phrase étonnante : « Si je ne suis pas grand par La Comédie Humaine, je le serai par cette réussite, si elle vient. » Il se voit déjà grand seigneur. Mme Hanska lui a donné de quoi payer ses dettes, il a acheté une maison rue Fortunée, jouxtant cette Chartreuse Beaujon qui sera un jour l’hôtel des Rothschild, il la meuble de merveilles, il achète des tableaux, de riches vaisselles. Enfin après une période de désespoir, il est revenu à la vie et cette renaissance lui donne des forces. Dès les premiers feuilletons, le succès dépasse tout ce qu’il avait attendu. Le public était déjà revenu à lui avec les derniers panneaux de sa grande fresque, Splendeurs et misères des courtisanes. Une instruction criminelle avait été particulièrement admirée. On retrouvait Balzac. Les premiers chapitres de La Cousine Bette confirmèrent cette renaissance. Le succès fut « étourdissant ». « J’ai vaincu ! » s’écriait triomphalement Balzac. Il revenait à ce premier rang des romanciers de sa génération qu’on lui avait refusé si longtemps. Mais l’effort avait été écrasant. Dans ses lettres de décembre 1846, Balzac avoue son épuisement. Il voit son ami, le docteur Nacquart, qui ne lui cache pas son inquiétude. Ce sont ces tours de force trop souvent répétés qui ont fatigué sa vigoureuse constitution et qui expliquent sa fin prématurée. Dans l’Introduction aux Etudes de mœurs au XIXe siècle, Balzac faisait dire à Félix Davin : « Dans les Scènes de la vie parisienne, l’existence arrive graduellement à l’âge qui touche à la décrépitude. Une capitale était le seul cadre possible pour ces peintures d’une époque climatérique où les infirmités n’affligent pas moins le cœur que le corps de l’homme…les passions y font place à des goût ruineux…c’est un bazar où tout est coté, les calculs s’y font au grand jour et sans pudeur… c’est à qui s’assujettira la civilisation et la pressurera pour lui seul…tout s’exploite, se débite…Le blasement de l’âme et d’implacables nécessités en présence ont produit les extrêmes de la vie parisienne. » Ces lignes étaient écrites en 1835 au moment où Balzac publiait Le Père Goriot. Elles s’appliquent parfaitement à La Cousine Bette écrite dix ans plus tard. Le baron Hulot-d’Ervy, haut fonctionnaire, conseiller d’Etat, grand officier de la Légion d’honneur, personnage principal du roman, est un des plus beaux et peut-être le plus parfait spécimen de ces monomanes qui ont fourni à Balzac quelques unes de ses plus puissantes créations. Une passion unique, impérieuse, implacable, et par conséquent destructive, est pour eux la préoccupation de toute leur vie : ils y consacrent toutes leurs forces, ils s’y précipitent avec aveuglément, ils y sacrifient tout ce qui s’y oppose ou simplement tout ce qui y est étranger. L’âpreté au gain chez Le Père Grandet, la passion de l’alchimie chez Balthazar Claës de La recherche de l’Absolu, et même l’amour paternel chez Le Père Goriot sont des passions dévorantes qui causent les mêmes ravages autour d’elles bien qu’elles semblent aboutir à des résultats bien différents. L’isolement et la détresse d’Eugénie Grandet malgré les millions que lui a laissés son père, la ruine de la puissante maison Claës, le grabat sur lequel le père Goriot agonise dans la triste pension Vauquer répètent sous des formes en apparence méconnaissables le même spectacle de destruction que laissent derrière elles ces passions implacables. L’histoire racontée dans La Cousine Bette est, au fond, la même que celle qui est le sujet de La Recherche de l’Absolu : dans les deux cas, une famille puissante, une grande fortune, un père prestigieux et, à la fin, la destruction et la désolation. Cette passion féroce a tout dévoré, la fortune, les vies, l’amour, l’honneur même : il faut à la fin un miracle pour que le désastre total soit évité.

Picture 3

    Hortense et Wenceslas

Cette passion fatale chez le baron Hulot porte le nom d’un des sept péchés capitaux ; c’est la luxure. C’est un amateur de jolies femmes. Très bel homme, il a d’abord été comblé. Puis les années sont venues, il a épaissi. Et, par malheur, c’est à ce moment qu’il a rencontré la « femme de sa vie », non plus une de ces petites théâtreuses qui faisaient jusqu’ici son bonheur, mais une petite bourgeoise, Valérie Marneffe, la femme d’un des employés de son service qui va finalement lui coûter beaucoup plus cher que toutes les petites rouées dont il faisait son menu habituel. Tout le roman est l’histoire de cette passion sénile, aiguisée par la vanité, exploitée par une ingénieuse coquine qui lui mijote un amour désintéressé aussi coûteux que l’entretien d’une maîtresse de prince. Avec la complicité de la cousine Bette qui déteste la femme du baron Hulot, sa cousine, et se venge de sa situation subalterne dans la famille. Valérie Marneffe fait de son baron bellâtre un esclave de tous ses caprices, le ruine, le pousse à des expédients dangereux, puis à de graves affaires de concussion en Algérie qui le contraignent à démissionner dans des conditions déshonorantes. La fin du roman est un des dénouements les plus effrayants de Balzac. Le drame a tout déraciné, il a causé des dégâts irréparables, des morts. La famille, courageusement, fait face au désastre ; elle se regroupe comme un troupeau sous l’orage, elle ne se désagrège pas dans ce naufrage. La cousine Bette meurt de chagrin en voyant sa vengeance incomplète, ses desseins détruits par l’étendue même de la victoire. Mais la passion irrémissible n’a pas abandonné sa proie. Le baron vieilli, détruit lui-même comme sa famille, devenu un vieillard tenu en bride, ne peut se passer de cette drogue qui a été toute sa vie. Rien ne compte plus pour lui que ces plaisirs dont l’âge et la déchéance l’on privé. Alors, il s’échappe, s’enfuit, se cache sous un faux nom dans un faubourg misérable où il vit dans un taudis sordide : mais heureux, apaisé, parce qu’il s’est mis en ménage avec une petite « pierreuse » de treize ans qu’il a achetée à ses parents. Il serre amoureusement dans ses bras sa dernière proie, image tragique de tous les drogués du monde que la possession d’un seul bien, la satisfaction d’un seul désir console de leur déréliction et de leur misère. Cette dernière image, si symbolique, si effrayante ne suffit pas à Balzac. On retrouve le vieux baron dans son faubourg, on le ramène. Mais son désir seul, inassouvi, le rattache à la vie. Prisonnier dans la demeure familiale, surveillé, il trouve encore le moyen de se procurer ses derniers plaisirs, en les payant de ce qui lui reste, son nom, son titre, qu’il offre à une maritorne juvénile qu’il va rejoindre dans sa chambre de bonne. C’est son dernier meurtre. Sa femme, qui a tout supporté admirablement, qui lui a gardé son affection malgré sa folie, meurt de chagrin en l’entendant escompter sa mort pour convaincre cette souillon. Autour de ce personnage central, le foisonnement des autres protagonistes est un témoignage de cette renaissance de Balzac en 1846 après la crise qui avait ralenti sa production en 1842, quand Mme Hanska lui annonça qu’elle renonçait à leur projet de mariage. Cette brusque floraison est d’autant plus étonnante qu’aucun de ces personnages n’est puisé dans le vivier de La Comédie Humaine : presque tous sont de nouveaux venus. Le roman lui-même, ou plutôt l’ensemble de l’Histoire des parents pauvres, apparaissait aussi dans son œuvre comme une sorte d’aérolithe. Il n’était pas mentionné dans une liste des sujets qui restaient à traiter pour compléter le tableau de La Comédie Humaine. Tout cela vint soudainement comme une bouture vivace. Tous ces personnages restent inscrits dans le souvenir du lecteur. La Cousine Bette, figure de l’envie, mais si fortement individualisée par son côté féroce de paysanne, et plus encore par cette frénésie « possessive » qui la pousse à s’attacher à quelque proie sur laquelle elle exerce sa volonté de domination ; son petit Polonais Steinbock qu’elle tient en cage dans son deux-pièces, le couvant et le pourléchant, chose à elle, qui, lorsqu’elle le perd, qu’on lui vole, provoque un déchaînement de haine proche de la folie, – plus tard, son attachement farouche à Valérie Marneffe, instrument de sa vengeance et sa complice à laquelle elle se voue avec toute la violence d’une organisation forte qui ne se nourrit que d’une seule pensée et d’un seul désir : admirable personnage balzacien qui n’agit que derrière le rideau, pateline en apparence, dissimulée, sournoise, mais aussi impressionnante dans ce demi-jour que le baron Hulot au premier plan. Auprès d’elle, Valérie, froide malgré ses trois amants, cupide, comédienne, profondément féminine par sa perfidie, femelle un instant seulement quand le retour d’un beau Brésilien réveille ses sens engourdis par sa perpétuelle prostitution : et Marneffe, son mari, ravagé de vices, visqueux, gangrené par des turpitudes mystérieuses, mari complaisant, cynique et plat, traînant ses pantoufles et sa figure de mort qu’on a oublié d’enterrer. Et l’autre amant, Crevel, imbécile pompeux, dont les goûts libidineux sont contenus par sa vulgarité et sa mesquinerie de commerçant prudent, radin et calculateur, limitant son faste de bambocheur avec une sagesse de comptable et ne consacrant à ses folies que ses intérêts sans toucher à son capital. C’est une étonnante galerie de personnages plantureux, riches, colorés, mais qui tous, pourtant, à l’exception de Crevel gardent quelque chose de mystérieux, un côté inquiétant et double qui les rend plus vivants et, à tous moments, redoutables. Ce qu’il y a d’étonnant dans cette galerie, c’est que ces personnages sont à la fois pris sur le vif et inventés. Les recherches de balzaciens sont, sur ce point, un enseignement précieux : elles nous montrent les modèles et il résulte aussi que ces modèles ne sont que des repères et que le génie de Balzac n’est pas un génie d’enregistrement mais un génie d’invention. Le document le plus significatif à cet égard nous est fourni par Balzac lui-même. En annonçant son roman à Mme Hanska, Balzac parlant de la parente pauvre qu’il met en scène, la définit ainsi : « Le caractère principal sera un composé de ma mère, de madame Valmore et de ta tante Rosalie. Ce sera l’histoire de bien des familles. ». Voilà trois noms qui ne seraient pas venus immédiatement à l’esprit des meilleurs historiens de Balzac et qui indiquent parfaitement le caractère composite du personnage et les éléments qui ont servi à l’inventer. La mère de Balzac, à la rigueur, on pouvait y penser : surtout après la publication de la correspondance de Balzac et l’édition récente des lettres à Mme Hanska, l’une et l’autre réalisées avec un soin et une science impeccables par M. Roger Pierrot. Ces textes parfaitement éclairés par les notes et les références qui les accompagnent permettent de reconstituer l’acte d’accusation, passablement injuste, que Balzac avait dressé contre sa mère et que son imagination nourrissait de souffrances réelles, de griefs tendancieux et d’omissions singulières. Son enfance en nourrice, sa relégation au collège de Vendôme, la préférence maternelle évidente pour son frère né de la liaison avec M. de Margonne avaient laissé en lui un sentiment d’abandon, de rejet, une rancœur qu’on devine malgré les formes respectueuses. Il avait oublié que sa mère avait sacrifié une partie de sa fortune pour lui éviter la faillite lors de la déconfiture de son imprimerie, qu’elle en avait supporté les conséquences toute sa vie sans que son fils, qui menait apparemment une existence brillante, eût jamais réussi à lui rendre ce qu’elle lui avait prêté. Au moment ou Balzac écrivait La Cousine Bette, sa mère plus ou moins informée de ses projets et supputant quelque source de fortune, se plaignait, exposait sa gêne, réclamait avec insistance un règlement de sa dette. Il s’était fait d’elle l’image d’une parente acrimonieuse, jalouse, sournoisement hostile et il se complaisait à cette image qui lui permettait de ne pas songer à sa propre ingratitude. Cette aigreur, ces mauvaises dispositions qu’il supposait, cette feinte sollicitude et les manières doucereuses qui en étaient l’habillage sont assurément une partie du personnage qu’il invente. Mais ce n’est que l’écorce. La sauvagerie de la Bette, son énergie paysanne, sa fureur, sont d’un autre modèle. La référence à Marceline-Desbordes-Valmore est plus énigmatique encore. C’était une poétesse, ayant quelque réputation à cette époque et que Balzac connaissait bien parce qu’elle était une amie de sa « gouvernante », Mme de Brugnol, avec laquelle il vivait maritalement, découverte qui déplut fort à Mme Hanska. Elle était maigre et noiraude, apparence assez proche de celle de La Cousine Bette que Balzac comparait à une chèvre calabraise. Son mari, l’acteur Valmore, était un de ses amis d’enfance, de sept ans plus jeune qu’elle : pareil au polonais couvé par la Bette, il était artiste, rêveur velléitaire, et c’était Marceline qui dirigeait le ménage. Elle était aussi pauvre que la Bette, officieuse, confidente, s’entremettant volontiers. Il y a là tout un côté de Bette, moins la méchanceté. Cette réserve est importante. On voit bien ce que l’exemple de Marceline a pu suggérer à Balzac en lui fournissant tout le prologue de son roman, l’idylle de Bette et de Steinbock qui est presque une copie conforme du ménage Valmore. Puis, il abandonne son modèle après l’avoir suivi pendant un certain parcours, dans lequel Bette n’est encore ni méchante ni jalouse. C’est le vol qu’on lui fait de son Polonais, incident inventé par Balzac, qui déclenche la haine. Il abandonne alors sa piste initiale : son personnage a pris un autre caractère et un autre poids, ceux que Balzac lui a ajoutés de sa propre initiative. Le nom de la tante Rosalie n’est pas moins étonnant. Il est même pour nous plus énigmatique parce que nous connaissons mal l’original. C’est tout le contraire d’une parente pauvre. Elle n’était pas la tante de Mme Hanska, malgré l’appellation qu’on lui donnait dans la famille, mais sa cousine. C’était en son nom une Lubomirska, une des plus illustres familles polonaises depuis le début du XVIIe siècle, devenue Rzewuska par son mariage : elle avait à Saint-Pétersbourg une très grande situation mondaine. Et elle détestait Balzac en lequel elle voyait un parvenu, un coureur de dot mal élevé et malpropre, un être immoral, auquel son titre d’écrivain donnait un rang intermédiaire entre celui de précepteur et celui de chapelain de la famille. Elle avait toujours reproché à Mme Hanska sa liaison avec Balzac, indigne d’une Rzewuska, et de laquelle elle présageait, avec quelque raison, qu’elle n’entraînerait que les plus grands malheurs. La haine et la perfidie de la Bette viennent sans doute de ce modèle. Mais le contexte est tout différent. La haine, les mauvais procédés, les intrigues ne sont pas dirigés contre sa cousine, mais contre Balzac, et elles n’ont pas non plus comme origine une envie plébéienne, mais, au contraire, une morgue princière et, il faut l’avouer, un certain sens du rang. On ne voit pas bien ce que Balzac a pu lui emprunter pour construire le caractère de Bette. On peut même se demander si elle ne figure pas sur cette liste uniquement pour calomnier l’encombrante tante Rosalie au moyen de ce reflet imaginaire. Une autre piste, que Balzac n’a pas indiquée, conduit vers une tout autre direction. Sa sœur Laure Surville écrivait des contes pour enfants. L’un de ces contes avait déjà fourni à Balzac le sujet d’Un début dans la vie. Laure, dans le livre qu’elle a consacré à son frère, met quelque coquetterie à revendiquer son rôle. Elle écrit à propos de La Cousine Bette : « La grande figure de la cousine Bette des Parents pauvres fut peinte d’après le modeste pastel de La Cousine Rosalie (un conte qu’elle avait publié dans Le Journal des Enfants). J’avais voulu, dans cette bluette, conserver le souvenir d’une de nos vieilles parentes. Mon frère prétendit que je l’avais vue en beau et que le portrait était flatté. Il s’étonna beaucoup que deux personnes puissent voir si différemment un même caractère, prétendit que j’avais donné dans l’idéal et la sentimentalité et voulut me montrer le vrai. Il se trouve que de cette légère discussion naquit un chef-d’œuvre, Les parents pauvres. » Dans la vie de cette cousine Rosalie, de son vrai nom une cousine Victoire de la famille maternelle de Balzac, les brodeurs Sallembier, M. Pierre-Georges Castex, dont le nom fait autorité parmi les spécialistes des études balzaciennes, a découvert des traits qui se rapprochent beaucoup de ceux que Balzac a retenus dans son portrait de Bette. Elle était, comme elle, ouvrière en passementerie, vieille fille, apparentée à un intendant militaire, et elle avait eu un amour secret pour un jeune savant. Elle portait, comme la cousine Bette, des toilettes excentriques et démodées. Les Balzac la recevaient tous les quinze jours, lui faisaient de petits cadeaux acceptables, la reconnaissaient. C’est la situation de la cousine Bette chez les Hulot d’Ervy. Etait-elle méchante, intrigante, indiscrète ? Les renseignements dont on peut disposer ne permettent pas de le dire. Mais l’enquête de M. Pierre-Georges Castex permet déjà de désigner un modèle familial, beaucoup plus proche, au moins par les traits extérieurs, que les modèles cités par Balzac, dans sa lettre à Mme Hanska. Mais l’incertitude où nous sommes sur l’interprétation du caractère de cette cousine Victoire ne permet pas de décider s’il s’agit d’une copie ou d’une construction imaginaire de Balzac sur une innocente et pittoresque parente. Ces incertitudes qui ressortent de la documentation elle-même conseillent la prudence quand nous désignons les modèles qui ont pu inspirer les créations de Balzac. Les noms qu’on cite sont exacts, les rapprochements qu’on fait sont suggestifs, mais ils ne fournissent que des explications partielles. L’alchimie de la création reste mystérieuse. Le génie est toujours un catalyseur qui transforme en quelque chose d’autre, et de plus fort, les ingrédients qu’on avait mis dans la cornue. Les mêmes mécanismes interviennent lorsque Balzac donne comme toile de fond à son roman une image de la société bourgeoise et de l’administration durant la monarchie de Juillet. Les modèles fournis par l’actualité ne manquaient pas. La même refonte les transforme en personnages plus puissants, plus vigoureusement typés que les originaux. Crevel, compère et rival du baron Hulot, est une copie à distance d’après un célèbre profiteur du régime, le fameux docteur Véron qui était justement en 1846 le directeur du journal Le Constitutionnel La Cousine Bette parut en feuilleton. Cette joyeuse impertinence de Balzac est à peine croyable. Mais la thèse récente d’André Lorant sur Les parents pauvres ne permet guère le doute. Le docteur Véron, personnalité « bien parisienne » du régime de Juillet, fondateur de la célèbre Revue de Paris, directeur de l’Opéra, puis du Constitutionnel, était un personnage d’un tout autre format que Crevel. Mais la vulgarité de ses manières, son ventre proéminent, sa suffisance, son imitation des mœurs de la Régence, tels qu’ils sont décrits par Hyppolyte Castille dans Les Hommes et les mœurs en France sous le règne de Louis-Philippe, rappellent manifestement l’aspect physique et les manières de Crevel – qui est, du reste, maire de Paris et bientôt député. Crevel avait pour maîtresse l’actrice Josepha qui correspond assez bien à Rachel qui fut la maîtresse du docteur Véron. C’est le même personnage, mais décalé socialement et intellectuellement, le bourgeois enrichi et important. Balzac en fait un personnage « typique » au moyen d’une transposition. C’est de la même manière que Balzac se sert des scandales qui furent provoqués à la même époque par des ministres et des administrateurs complaisants. De graves incidents s’étaient produits en 1836 à propos de marchés passés par le maréchal Maison, ministre de la Guerre, avec des fournisseurs : comme le baron Hulot, il entretenait des actrices. En 1838, le général Brossard, commandant la province d’Oran, avait dû être traduit en conseil de guerre pour concussion et corruption de fonctionnaires en Algérie : c’est la même accusation qui est portée contre le baron Hulot et qui le contraint à démissionner. Enfin, en 1846, au moment même où Balzac écrivait La Cousine Bette éclatait l’affaire Teste et Cubières qui fut peut-être une des causes de la chute du régime. Les deux frères Teste, tous les deux serviteurs fidèles de Napoléon, tous les deux réintégrés et couverts d’honneurs, l’un général, comte, pair de France, l’autre, le cadet, ministre du Commerce puis des Travaux publics, lui aussi pair de France, et, en outre, président de la Cour de cassation, correspondent assez bien au tandem formé par les deux frères Hulot. La concussion fut prouvée (il s’agissait de concession de mines de sel), l’affaire fut menée avec rigueur et le ministre, condamné à trois ans de prison, tenta de se suicider. Là encore, il y a transcription : Balzac fait un amalgame qui nourrit son intrigue, comme il se sert de modèles différents auxquels il emprunte un trait particulier qu’il assemble avec d’autres traits fournis par d’autres modèles, comme il le fait pour Bette, comme il le fait pour Crevel. Comme les paysans, il prend ici ou là des matériaux de démolition et les noie dans une maçonnerie qui en fait un mur nouveau. C’est une des règles de Balzac dans la création de ses personnages. Il s’en était expliqué sept ans plus tôt dans la Préface qu’il avait écrite pour Le Cabinet des Antiques en décrivant « la manière de procéder (qui) doit être celle d’un historien des mœurs ». « Sa tâche, disait-il, consiste à fondre des faits analogues dans un seul tableau…Souvent il est nécessaire de prendre plusieurs caractères semblables pour arriver à en composer un seul…La littérature se sert du procédé qu’emploie la peinture, qui, pour faire une belle figure, prend les mains de tel modèle, le pied de tel autre, la poitrine de celui-ci, les épaules de celui-là. L’affaire du peintre est de donner la vie à ces membres choisis et de la rendre probable. »

L’histoire Le père prodigue L’histoire se passe, en 1838, au sein d’une famille aisée. Il s’agit de la maison du baron Hector Hulot d’Ervy, conseiller d’Etat et grand officier de la Légion d’honneur. Son épouse Adeline, femme de grande bonté, a recueilli sa cousine pauvre, la lorraine Elisabeth Fischer. Bette, de son petit nom, nourrit depuis l’enfance du ressentiment et une jalousie envers sa belle cousine Adeline. Elle envie le bonheur de sa cousine. En effet, celle-ci a fait un beau mariage et deux enfants (Hortense et Victorin) sont nés de cette union, alors qu’elle, ouvrière en passementerie, fille laide et vieillotte dotée d’un esprit rebelle et obstiné n’a pu trouver d’époux à la hauteur de ses espérances. La haine maladive enfouie au plus profond du cœur de cette vieille fille se déchaînera jusqu’au paroxysme lorsqu’elle apprendra qu’Hortense lui a volé le jeune homme qu’elle dit être son amoureux. Cet homme est en fait un jeune ciseleur polonais, le comte Wenceslas Steinbock, sans ressources après la ruine de sa famille lors de la campagne de 1812 et à qui Bette a proposé son aide – secours tout à fait intéressé chez Bette qui profite de la détresse matérielle du jeune homme pour en faire sa chose et l’opprimer. Pateline et bienveillante, la sournoise Bette est dans toutes les confidences de la famille. Elle spécule sur la confiance qu’elle inspire à la famille pour tisser sa toile et piéger ses proies. Afin d’organiser sa vengeance, elle se lie d’amitié avec sa belle voisine Valérie Marneffe, bourgeoise cupide, pour que celle ci séduise et dépouille le baron Hulot. Elle la jettera ensuite dans les bras de l’époux d’Hortense, le comte Wenceslas. Hector Hulot pour soutenir le train de vie de Valérie et pourvoir à tous ses caprices de princesse, se mouille dans des affaires financières frauduleuses qui seront découvertes et qui feront scandale. Reconnu coupable de concussion en Algérie et déshonoré le baron est obligé de démissionner. Criblé de dettes Hector décide de s’enfuir pour se faire oublier de ses créanciers. Il trouvera l’anonymat dans un faubourg misérable de Paris sous différents noms d’emprunt. Toujours plus cupide et perverse, Valérie, entretiendra aussi des relations coupables avec Célestin Crevel, le père de Célestine et le beau-père de Victorin Hulot. Outre ses vieux amants dont elle ne vise que le porte-monnaie, Valérie entretien une liaison amoureuse avec le comte Wenceslas et le baron Montès de Montéjanos.

Picture 4

     Josépha et cousine Bette

Bette est heureuse – elle est enfin vengée ! les familles tant détestées sont réduites à néant tant sur le plan social que sur le plan affectif. Son dernier dessein pour que sa victoire soit complète consiste à épouser le vieux maréchal Hulot et devenir ainsi Madame la maréchale. Son projet n’aboutira pas, car le maréchal ne survivra pas au déshonneur des malversations de son frère corrompu (détournement de fonds des biens de l’Etat) et mourra de chagrin quelques jours avant la date arrêtée de son mariage avec Bette. Folle de rage, Bette continuera à s’acharner sur la pauvre famille en projetant de déshériter Célestine (l’épouse de Victorin Hulot) la fille de Célestin Crevel en le mariant à Valérie, devenue la veuve du sieur Marneffe. Trahi par la nouvelle du mariage de Valérie avec Célestin, le jeune amant brésilien de Valérie, le baron Montès de Montéjanos qui voyait en sa dulcinée une femme vertueuse, lave son honneur en empoisonnant le futur couple. Célestin et Valérie périront dans d’atroces souffrances. Agonisante sur son lit de mort, Valérie, allègera sa conscience en léguant sa fortune au baron Hulot. Adeline Hulot récupère son mari, Hortense pardonne à Wenceslas et la famille retrouve le bonheur. Etouffée par le dépit et le cœur empli de fiel, Bette meurt de phtisie. Vicié par des années de libertinage, le baron Hulot ne pourra se défaire de ses anciens plaisirs. Il sacrifiera sa femme pour une domestique, une jeune maritorne, Agathe, à qui il promet son nom, son titre afin d’en obtenir les faveurs galantes. Adeline en mourra et le baron épousera Agathe Piquetard. Source analyse : Préface et histoire recueillies d’après le texte intégral des œuvres de la Comédie Humaine (Tome XV) publié par France Loisirs 1985 sous la caution de la Société des Amis d’Honoré de Balzac.

Les personnages Lisbeth Fischer : de son petit nom Bette est la cousine pauvre de la famille Hulot. De nature revêche et belliqueuse, cette paysanne vosgienne, a été recueillie par sa cousine Adeline. Nourrissant depuis l’enfance une jalousie aveugle envers la jolie Adeline, Bette femme disgracieuse, méchante, manipulatrice et sournoise n’aura de cesse de vouloir nuire à sa bienfaitrice et s’acharnera à apporter le malheur sur la baronne Hulot et sa famille. Comte Wencenslas Steinbock : Jeune comte polonais (Livonie) exilé à Paris. Il se retrouve sans le sou et sans famille suite aux ravages de la campagne de 1812. Secouru par Bette, sa voisine, lors d’une tentative de suicide, le jeune homme se retrouve vite sous l’emprise totale de cette femme dangereuse. Epris d’Hortense, Wencenslas la courtisera à l’insu de Bette. Bette apprendra leur mariage quelques jours seulement avant la célébration. Ivre de rage et de jalousie, elle oeuvrera à la destruction du jeune couple en jetant Wenceslas dans les bras de Valérie. Le jeune comte retournera finalement à sa famille. Baron Hector Hulot : Appartenant au corps d’élite des beaux hommes, Hector Hulot est un grand séducteur. Habitué à plaire aux jolies femmes, il ne se résignera pas à la cinquantaine à vivre sagement. Bette, avec la complicité de la belle Madame Marneffe ourdissent un plan destiné à maintenir le vieil homme dans ses vices et le perdre. Tel un chef d’orchestre, Valérie, conduira la passion du baron à son paroxysme et le ruinera. Son amour aveugle pour Valérie le poussera même à se compromettre et à compromettre son oncle dans des opérations frauduleuses en Algérie. La débâcle sera totale : matérielle, sentimentale, mortelle. Adeline Hulot : De sa Lorraine natale, Adeline Fisher a 16 ans lorsqu’elle rencontre Hector Hulot. Sa grande beauté, ses cheveux blonds, sa taille d’impératrice, ses airs distingués la font remarquer du grand ordonnateur Hulot qui l’épouse. Passant de la campagne à la cour impériale, Adeline vouera une passion et une admiration sans faille à son grand homme d’époux. Elle taira ses escapades amoureuses en restant toujours grande dame. Son amour inconditionnel pour le baron l’amènera à faire toutes les concessions, à subir tous les sacrifices, de la misère au déshonneur. Elle mourra de chagrin. Victorin Hulot : fils du baron Hector Hulot. Victorin est un homme d’honneur qui embrasse la charge d’avocat. Il épouse Célestine, la fille de Célestin Crevel, ancien parfumeur et successeur de César Birotteau. Célestine Hulot : Fille unique de Célestin Crevel, elle est l’épouse de Victorin Hulot. Le couple sera solidaire de la famille, et luttera courageusement contre l’adversité et les pièges tendus par Valérie et Bette. Hortense Hulot : Sœur de Victorin, elle épouse le comte Wenceslas Steinbock, le protégé de Bette. Elle sera une des victimes du tandem diabolique Bette-Marneffe. Mère d’un petit Wenceslas, elle sera délaissée par le comte Steinbock que Bette jette dans les bras de Valérie par vengeance. Dotée des grandes qualités humaines de sa mère, Hortense, accueillera positivement le retour de Wenceslas lorsque celui-ci ne voudra plus de Valérie. Valérie Marneffe : Valérie Fortin, fille naturelle du comte de Montcornet, l’un des plus célèbres lieutenants de Napoléon. Epouse de Jean-Paul Stanislas Marneffe employé de bureau au Ministère de la Guerre. M. Marneffe : Petit homme insignifiant et dépravé, maigre, à cheveux et à barbe rares, pâle et à figure patibulaire, Jean-Paul Stanislas Marneffe, est un être abject et détestable. Dépravé jusqu’au dernier degré, il est l’époux complaisant de Valérie. Il ne reste de leur couple qu’une organisation de malfaiteurs qui s’entend parfaitement pour abuser et escroquer leur prochain. Célestin Crevel : Ancien parfumeur de La Reine des Roses, et successeur de Birotteau. Il est le père de Célestine, l’épouse de Victorin Hulot. Bourgeois bardé d’orgueil et de vanité, il souhaite se venger du baron Hulot qui lui a soufflé les faveurs de sa maîtresse, la fameuse cantatrice Josépha en lui soulevant Valérie. Sa vengeance consommée, il tombera lui aussi dans les rouages du piège infernal tendu par Bette et Valérie et qui consiste à ruiner la famille Hulot et les familles alliées. Baron Montès de Montéjanos : Montès est l’amant brésilien de Valérie Marneffe. Le jeune homme aime sincèrement la jeune coquette qu’il croit être une bourgeoise vertueuse. Il attend patiemment la mort qui devrait rapidement enlever Marneffe à sa femme pour épouser Valérie. Africain passionné et jaloux, il ne supporte pas la trahison de Valérie qui s’apprête à épouser, à son insu, Célestin Crevel. Il viendra anéantir la réussite à bout touchant de Bette en empoisonnant les futurs époux.

Source : Encyclopédie universelle Wikipédia

No Comments
Post a Comment