Balzac La Comédie Humaine Analyse de texte Etude de l'œuvre 100 analyses de texte de la Comédie Humaine de Balzac Description détaillée des personnages Classement par 7 types de scènes 26 tomes étudiés en détail

Illusions perdues (Episode 1)

LA COMEDIE HUMAINE – Honoré de Balzac VIIIe volume des œuvres complètes de H. DE BALZAC par Veuve André HOUSSIAUX, éditeur, Hébert et Cie, Successeurs, 7, rue Perronet, 7 – Paris (1877)

Scènes de la vie province

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  Madame de Bargeton

  LES ILLUSIONS PERDUES – Episode I

Les deux poètes – Scènes de la vie de province  

Analyse de l’œuvre Les deux poètes est la première partie de l’œuvre monumentale d’Honoré de Balzac « Illusions perdues » . Illusions perdues est devenu le titre d’un des ensembles romanesques les plus connus de Balzac, celui qui raconte, en trois romans qui se suivent, l’histoire des débuts de Lucien de Rubempré. Mais, avant de coiffer comme titre général, cette trilogie romanesque, Illusions perdues fut d’abord le titre de la première partie de ce triptyque, celle qui a pour décor Angoulême et qui se termine par l’arrivée à Paris de Lucien de Rubempré. Il faut donc d’abord retenir ceci : pour les lecteurs de Balzac, il y eut d’abord trois romans, Illusions perdues paru en février 1837 chez Werdet, puis Un grand homme de province à Paris paru en mai 1839, enfin David Séchard ou Les Souffrances de l’inventeur paru en juin-juillet 1843, ayant chacun les mêmes personnages principaux et racontant les débuts dans la vie de Lucien de Rubempré. Et c’est en 1844 seulement, dans l’édition générale de La Comédie humaine que ces trois romans furent présentés ensemble en un seul volume sous le titre commun d’Illusions perdues. Ces explications sont nécessaires pour comprendre le caractère véritable des grands romans de Balzac qui ne sont pas, comme on le croit parfois, des romans-fleuves qui sont venus d’une seule coulée et qui ont été publiés en une seule fois, mais qui sont souvent des ensembles de romans, des « trains » de romans, pour ainsi dire, dont la publication dépend des circonstances. C’est le cas de Béatrix, précédemment publié dans notre collection, ce sera plus tard le cas de Splendeurs et misères des courtisanes et de l’histoire des treize. Ce premier épisode d’Illusions perdues auquel Balzac donna beaucoup plus tard son titre actuel : Illusions perdues, première partie : Les deux poètes fut donc d’abord un roman de la vie provinciale commencé en juin 1836, publié en février 1837. Une note du manuscrit de Balzac le résume en ces termes : « David et Eve (c’est la soeur et le beau-frère de Lucien) perdent leurs illusions sur Lucien. Mme de Bargeton (c’est la protectrice de Lucien) idem. Lucien sur Mme de Bargeton. » La triple désillusion ainsi décrite correspond bien au titre primitif. Ecrit pendant la même crise dramatique évoquée à propos de La Vieille Fille, Illusions perdues devait être, en principe, comme Le Cabinet des antiques, une nouvelle, traitant au fond le même sujet que Le Cabinet des antiques, avec le même personnage, un enfant gâté, bien doué, séduisant, mais faible, vaniteux, inconstant, choisi dans un autre milieu et avec d’autres circonstances, mais promis au même destin. Le sujet du roman est résumé ainsi par Balzac :  » Un jeune homme qui se croit un grand poète et la femme qui l’entretient dans cette croyance et le jette au milieu de Paris pauvre et sans protection. » Le ton d’ironie à l’égard de la province est le même dans les deux cas. Mais au lieu d’être teinté de nostalgie et de tendresse, il est plus libre, plus poussé au comique dans Illusions perdues. Balzac avait connu Angoulême par ses amis Carraud, expédiés en disgrâce à la Poudrerie d’Angoulême en 1831. Par eux, il avait entendu parler de cette Rosa de Saint-Surin qui tenait salon à Angoulême :  » femme auteur, lui écrivait Zulma Carraud, artiste, habillée souvent à la grecque  » et que Mme Suzanne Bérard qui a consacré sa thèse à Illusions perdues regarde comme le modèle principal de Mme de Bargeton, la protectrice de Lucien de Rubempré.

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          Lucien Chardon

Le béret de velours de Mme de Saint-Surin, son turban dû faire une forte impression à Balzac puisqu’il s’est encore servi de ce modèle pour imaginer La Muse du Département. Les noblaillons qu’il a placés autour d’elle forment une galerie pittoresque pour laquelle Balzac a puisé probablement dans d’autres souvenirs. L’ignorance et la bêtise de cette société de hobereaux est la meilleure partie de ce prologue. La soirée où Lucien se produit devant cet aréopage, les manies et les prétentions des assistants, leurs réflexions quand Lucien lit devant eux les poèmes de Chénier, leur niaiserie et leur méchanceté sont une des pages les plus réussies des Scènes de la vie de province. L’admirable mari stupide et muet qui intimide tant le jeune homme, les petites manoeuvres des salonnards, les originaux qui se développent comme des plantes exotiques dans cette serre provinciale, c’est un opéra-bouffe d’une richesse et d’une variété merveilleuses dans lequel Balzac s’amuse autant que son futur lecteur. Cette comédie provinciale était complétée dans la version originale de ce premier épisode par l’exhibition de Lucien et de Mme de Bargeton à leur arrivée à Paris que Balzac a placée plus tard dans son second épisode. Ce dénouement désastreux et comique, l’abandon complet de Lucien sur le pavé de la capitale, donnait à cette première partie un éclairage satirique et une cruauté qui manquent dans cette avant-scène dont Balzac a fixé beaucoup plus tard le découpage définitif.

L’Histoire L’action se déroule sous la Restauration C’est la partie la plus courte. Elle est située à Angoulême. David Séchard, fils d’un imprimeur, est lié d’une amitié profonde avec Lucien Chardon, jeune homme beau et lettré. Le père de David (type de l’avare rejetant le passage de génération) revend à son fils son imprimerie à des conditions très défavorables (trois fois le prix de sa valeur). David, qui a peu de goût pour les affaires, est proche de la ruine. Cependant, il parvient à subsister grâce au dévouement et à l’amour de sa femme, Eve, qui est la soeur de Lucien. Il recherche en secret un procédé permettant de produire du papier à faible coût et de meilleure qualité. Lucien, lui, se lie avec une femme de la noblesse, madame de Bargeton, qui voit en lui un grand talent de poète : il voit en elle sa Laure et, à l’imitation de Petrarque, lui voue un recueil de sonnets. Elle l’introduit dans sa société et s’éprend de lui. Cet amour inconsommé entre un radieux jeune homme et une femme mariée plus âgée répond parfaitement au schéma médiéval de l’amour courtois, sur lequel le héros se fait de grandes illusions, plus ou moins consciemment, illusions qu’il perdra ensuite, d’où le titre Illusions perdues. Lucien s’enfuit finalement avec sa protectrice à Paris, pour y faire carrière.

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    Eve et David Séchard

Principaux personnages Lucien Chardon : Poète, homme de lettres et frère de Eve Chardon; Lucien est le fils de M. Chardon, pharmacien de l’Houmeau, dont la mère est de naissance noble. C’est une de Rubempré. Il déteste le nom de son père qui nuit à ses espérances et à ses projets. Par l’intermédiaire de ses amis de la noblesse (en fait ses ennemis), il essayera d’obtenir le nom de Rubempré auprès du Roi, mais en vain. Ce ne sera que bien plus tard, dans Splendeurs et misères des courtisanes que nous retrouverons Lucien auquel le nom de Rubempré aura été réhabilité. Eve Chardon : Sœur de Lucien et épouse de David Séchard, imprimeur à l’Houmeau, Eve Chardon est une très jolie jeune femme. Elle a la beauté physique de son frère avec en plus la constance et la volonté qui manquent à son frère. Elle idolâtre Lucien et lui croit toutes les qualités qui lui font défaut. Elle le prédestine à une destinée dans les hautes sphères littéraires. Elle se saignera aux quatre veines pour subvenir aux besoins et caprices exagérés de son frère. David Séchard : Imprimeur à l’Houmeau, ami de Lucien et époux de Eve Chardon, David, à l’instar de son père avare et sans sentiments, est un homme bon et généreux. Il croit, lui aussi, à la réussite de son ami Lucien. Considérant celui-ci comme son frère, il l’aidera financièrement dans ses débuts à Paris. A l’instar de Lucien, David est profondément humain, il consacre sa vie au bonheur de sa famille. A l’opposé de Lucien qui se complait dans une existence d’orgueil, de paresse et de plaisirs, David mène la vie simple des petites gens pour qui le bonheur consiste dans les petites joies de tous les jours. Passionné de recherche, il inventera un procédé pour fabriquer du papier à faible coût. Pauvre négociateur, il ne saura protéger son invention de la concurrence, les frères Cointet qui endosseront le brevet à leur nom. Mme Chardon : Dernier membre de la famille de Rubempré, Charlotte, fut sauvée par Monsieur Chardon (père de Lucien) de l’échafaud en 1793. Amoureux, fou de Charlotte de Rubempré, M. Chardon, chirurgien-major des armées républicaines, mis hors de service par une blessure épousa sa Charlotte et se recycla en qualité de pharmacien à Angoulême. Emporté par la maladie à la veille d’une découverte lucrative à la recherche de laquelle il avait consacré de nombreuses années, il laissa sa famille dans la misère. Madame Chardon garda les femmes en couche pour vingt sous par jour et Eve travailla pour quinze sous par jour à la blanchisserie de fin de Mme Prieur. Elle dirigeait les ouvrières et, jouissait dans l’atelier d’une espèce de suprématie qui la sortait un peu de la classe des grisettes. M. Séchard père : Jérôme, Nicolas Séchard, ancien compagnon pressier plus communément appelé un Ours dans le langage typographique se trouva, de par les événements de 1793, investit du brevet de maître-imprimeur par un Représentant du Peuple pressé de répandre les beaux décrets de la Convention. L’avarice commence où la pauvreté cesse. Devenu veuf, il enverra son fils David au collège d’Angoulême où il y étudiera la haute typographie. A son retour, Jérôme-Nicolas remet son imprimerie à son fils pour le triple de sa valeur. Les presses et le matériel sont obsolètes et peu rentables. De par sa cupidité et sa sécheresse de cœur, le père s’employera avec Lucien à ruiner et à endetter David et sa famille. Louise de Bargeton : Louise Anaïs de Nègrepelisse a épousé M. de Bargeton et est venue s’enterrer dans la ville d’Angoulême. Elle s’ennuie dans cette ville de province où les cancans vont bon train et qui ne lui offre que des plaisirs médiocres. Amoureuse des belles lettres et de la poésie, elle succombe au charme du beau Lucien en qui elle voit un grand homme de lettres et se veut sa protectrice. Ses faveurs aux beau Lucien font scandale dans l’aristocratie provinciale d’Angoulême qui ne veut pas mêler « les serviettes avec les torchons » et ne veut se compromettre avec une personne de l’Houmeau, qui, de surcroît, n’est pas de sang noble. M. du Châtelet : Bien fait de sa personne, bel homme, bon danseur, savant joueur de billard, adroit à tous les exercices, médiocre acteur de société, chanteur de romances, applaudisseur de bons mots, prêt à tout, souple, envieux, il sait et ignore tout. Personnage médiocre, il est doté de tous les petits talents qui sont les véhicules de fortune dans un temps où les femmes ont eu plus d’influence qu’on ne le croit sur les affaires. Courrier diplomatique de Napoléon, Monsieur le baron Sixte du Châtelet après des services rendus à des personnages alors en faveur, fut recommandé au Président du Conseil qui le plaça près de monsieur de Barante, en attendant la première Direction libre. Le rôle rempli par monsieur du Châtelet auprès de l’Altesse Impériale, sa réputation d’homme à bonnes fortunes, les événements singuliers de son voyage en Egypte, ses souffrances, tout excita la curiosité des femmes d’Angoulême. Les frères Cointet : Fabricants de papier, principaux fournisseurs du Clergé et du tout Angoulême, les Cointet sont de fins financiers. Ils fomenteront un plan pour ruiner David Séchard et s’emparer de sa pratique ainsi que de son invention d’un nouveau procédé de papier concurrentiel. Le Cénacle : C’est le nom du cercle des amis de Lucien qu’il connaît dans ses premiers temps de « vaches maigres ». Ce sont tous des artistes, sans le sou, mais plein de talent, qui peintre, qui philosophe, qui poète, qui dessinateur, qui médecin, sont des hommes honnêtes et qui, dans leur grande sagesse, sont solidaires les uns des autres. Ce sont les premiers amis sincères de Lucien. Ce dernier, fera fi de leurs conseils et les abandonnera pour l’argent facile et une ascension rapide vers le succès et ce, quelqu’en soit les moyens utilisés.   Source analyse de l’œuvre : 1) Préface recueillie d’après le texte intégral des œuvres de la Comédie Humaine (Tome X) publié par France Loisirs 1985 sous la caution de la Société des Amis d’Honoré de Balzac – 2) Source thème et notes sur les personnages principaux : Encyclopédie universelle Wikipédia.   

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